Histoire de Kanojo
Tout a commencé par une question posée à l'autre bout du monde.
En 2017, je voyage au Japon.
Je suis diplômée en arts du tissu, passionnée de création textile depuis toujours, mais à ce moment-là, je travaille depuis plusieurs années dans un magasin de tissus et je crée finalement assez peu pour moi-même.
Au fil des jours, je découvre un pays où les traditions sont omniprésentes. Dans les rues, dans les temples, dans les festivals, dans les objets du quotidien, jusque dans les tissus et les souvenirs que l'on rapporte chez soi. Chaque région semble raconter son histoire à travers les motifs, les couleurs et l'artisanat.
Et une question commence à me trotter dans la tête : Pourquoi ne fait-on pas davantage cela en Belgique ?
Notre pays regorge de traditions, de folklores, de paysages, de fêtes populaires, de savoir-faire et de symboles uniques. Pourtant, on ne les retrouve pas sur les tissus. Sur des casquettes et des t-shirts, mais pas sur du tissu au mètre.
C'est à ce moment-là que l'idée de Kanojo naît.
De retour en Belgique, je prends mes crayons et je dessine mes premiers motifs inspirés du folklore belge : "Dragonou" pour le dragon de la Ducasse de Mons, "Tchantchès parmi les ardennais", "Laetaré" et "Cwarmê".
Mais très vite, je comprends que ce que j'aime dessiner va bien au-delà du folklore.
J'aime raconter des histoires. Celles de lieux qui m'émerveillent, de fleurs rencontrées au détour d'un chemin, de jardins, de voyages, de souvenirs ou de petits détails du quotidien qui attirent mon regard.
Chaque motif devient une manière de capturer un moment, une émotion et de la transformer en tissu.
Pourquoi "Kanojo" ?
Kanojo (彼女 , かのじょ) est un mot japonais qui signifie simplement « elle » (ou petite amie).
Lors d'un premier voyage au Japon quelques années plus tôt, c'était le mot que les personnes que nous rencontrions utilisaient pour parler de moi. Je ne parlais pas du tout japonais et les conversations passaient souvent par mon compagnon de voyage. "Et Kanojo a-t-elle soif aussi?", "Kanojo veut-elle du thé?", "Kanojo est étudiante?", "ooh, Kanojo fait du tissu!"
En trois mois de voyage, ce mot m'est devenu familier. Aujourd'hui encore, lorsque j'entends « Kanojo », je pense aux rencontres, aux découvertes artisanales, aux paysages et à l'inspiration que le Japon m'a apportés. Choisir ce nom était une évidence, peu importe le projet.
Ce qui m'anime aujourd'hui
Je crois profondément que créer de ses mains fait du bien.
Je crois que les tissus ont le pouvoir de raconter des histoires.
Je crois que les objets que nous fabriquons nous-mêmes ont une valeur particulière.
Et je crois que la créativité n'est pas réservée aux artistes ou aux experts. Elle appartient à toutes les personnes qui ont envie d'essayer.
C'est pour cela que je dessine et que j'organise des ateliers.
C'est pour cela que Kanojo existe.
Bienvenue dans mon univers :)
Mélanie